Baromètre LINC : des utilisateurs plus passifs vis-à-vis des assistants vocaux que des smartphones ou navigateurs

Rédigé par Régis Chatellier

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22 octobre 2018


Dans son dernier « baromètre générique sur les pratiques numériques et la maîtrise des données personnelles », LINC a choisi d’étudier les pratiques concernant les assistants vocaux, dans la continuité de notre dossier consacré à ces nouvelles interfaces.

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Seuls 15% des utilisateurs ont désactivé le micro de leur assistant vocal

En 2018, 29% des internautes interrogés dans cette enquête ont utilisé un assistant vocal intelligent sur ordinateur, smartphone ou enceinte connectée au cours des 12 derniers mois. 

Apparues récemment sur le marché, les enceintes connectées intelligentes sont utilisées par seulement 5% des internautes interrogés.Seuls 40 % des utilisateurs de ces dispositifs ont déjà paramétré leur assistant vocal au cours des 12 derniers mois, contre par exemple 69% des utilisateurs de smartphone qui ont réglé au moins un paramètre de confidentialité de leurs smartphones. Dans le détail, on constate que 23% ont vérifié les paramètres de confidentialité, 19% ont supprimé l’historique. Ils sont encore moins à avoir désactivé le micro (15%) ou à avoir débranché leur enceinte (6%) lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés. La CNIL avait publié en décembre 2017 un petit guide sur les bonnes pratiques à adopter pour les possesseurs d’assistants vocaux et d’enceintes connectés. Ces chiffres, sur un marché encore balbutiant, tendent à démontrer que les premiers utilisateurs sont encore peu sensibles à la protection de leur intimité, ou n’ont pas encore pris conscience des risques posés par ces interfaces.

 Mais des usages en progression par ailleurs

Sur smartphone, les utilisateurs  ont une maîtrise grandissante des différents postes de paramétrage de leur téléphone, notamment en ce qui concerne la géolocalisation : 50% ont bloqué l'accès des applications à la géolocalisation (seulement 41% en 2016), et 47% (42% en 2016) ont coupé la géolocalisation ou les communications réseaux du téléphone, par exemple le wifi, pour des questions de confidentialité. On remarque aussi que possesseurs d’iPhone sont globalement plus attentifs que les équipés Android à protéger leurs données personnelles.

Au-delà du réglage des paramètres, la moitié des possesseurs de smartphone a renoncé à installer une application pour éviter que celle-ci accède à certaines de leurs informations. Parmi eux, les raisons invoquées sont d’abord l’accès à la liste de contacts (62%) et l’accès à la localisation (61%), puis viennent l’accès aux photos et vidéos (58%) et l’accès aux messages, SMS et mails (49%). 

Sur navigateur, 53 % des internautes ont déjà utilisé un bloqueur de publicité sur au moins un écran (ils étaient 49% en 2016), 78% ont utilisé des paramètres pour supprimer des traces de leur navigateur (supprimer ou bloquer les cookies, effacer l’historique, les mots de passe enregistrés ou les données de saisie automatique). Le refus de partager sa géolocalisation (67%) et l'activation de la navigation privée (59%) sont les paramètres qui connaissent la plus forte progression en 2 ans. Des chiffres à mettre en lien notamment avec l'augmentation de 67% des plaintes sur les quatre premiers mois du RGPD, autant de signaux qui tendent à démontrer que la protection de leur vie privée est devenu un sujet important pour les internautes sous les effets cumulés de l'entrée en application du RGPD, d'un gain en maturité sur les pratiques numériques et des différentes affaires qui ont émaillé ces dernières années. 

Le gestionnaire de mots de passe encore peu utilisé

La multiplication des services en ligne et des identifiants de connexions à retenir pousse les utilisateurs à adopter des techniques pour retenir leurs mots de passe . Ainsi, près d’un quart utilise toujours le même mot de passe, 3 internautes sur 10 les centralisent sur papier, 4% centralisent leurs mots de passe dans un fichier numérique accessible en ligne. L’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe reste encore peu utilisé puisque seuls 8% des personnes interrogées déclarent y avoir recours. A noter que nous recensons plusieurs services et solutions pour la gestion de mots de passe dans notre cartographie des outils et pratiques de protection de la vie privée, ainsi que dans les les conseils de la CNIL pour les mots de passe

 

Voir les résultats complets de l'enquête : 

Document reference

Baromètre générique sur les pratiques numériques et la maîtrise des données personnelles

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Régis Chatellier
Article rédigé par Régis Chatellier, Chargé des études prospectives