Rage against the Flock : l’entreprise de surveillance au cœur des controverses aux Etats-Unis
Rédigé par Régis Chatellier
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21 September 2026D'un projet d'étudiants à un réseau de 120 000 caméras aux Etats-Unis, le caractère intrusif du système de surveillance développé par Flock Safety soulève de nombreuses protestations dans la population.
Adoptées en masse par les agences locales des forces de l'ordre aux Etats-Unis, les caméras Flock, de lecture automatique de plaques d’immatriculation (LAPI), du nom de l’entreprise qui les fournit, soulèvent des protestations dans la population, bien au-delà des associations de défense des libertés numériques.
Ces caméras augmentées, qui utilisent l'intelligence artificielle pour identifier et suivre les véhicules, sont déployées à grande échelle, sur tout le territoire. Leur succès s’explique notamment par le coût des dispositifs, mais aussi, et surtout par leur interconnexion, constituant ainsi un système de surveillance distribuée à l’échelon national.
En 2026, les cas de mésusages et de détournement se sont multipliés, provoquant des actions au sein de la population et même parmi les clients de l’entreprise, dont certains ont cessé leur relation contractuelle. Des mouvements assez inédits aux Etats-Unis.
D’un projet étudiant à une entreprise leader de son marché
Fondé en 2017 à Atlanta par trois étudiants de Georgia Tech, Garrett Langley, Paige Todd, et Matt Feury, la trajectoire de Flock s’inscrit dans la tradition de nombreuses startups de la Silicon Valley. Dans un podcast du New-York Times, la journaliste Kashmir Hill s’entretient avec Garett Langley, désormais PDG de l’entreprise, qui revient sur l’histoire de l’entreprise. Alors que des voitures étaient cambriolées chaque weekend aux abords de sa résidence, il avait appelé la Police locale pour déposer plainte et s’était vu répondre qu’ils ne pouvaient rien faire, à moins qu’ils ne leur fournissent les numéros des plaques d’immatriculations des cambrioleurs. En tant qu’ingénieur qui « ne connaissait rien aux forces de l'ordre ni à la sécurité publique », il décida alors d’appeler ses deux amis de classe pour « installer des caméras de reconnaissance des plaques d'immatriculation dans les quartiers ». La première version consistait en un téléphone alimenté par un panneau solaire, installé sur un lampadaire, qui prenait des photos des voitures qui passaient. De fil en aiguille, les trois associés ont commencé à vendre leur système à d’autres copropriétés, puis à partir de 2020, à des services de police locale. C’est à partir de là que la société s’est vraiment développée. Les caméras n’étaient plus seulement postées dans les propriétés privées, mais sur l’espace public.
Si l’entreprise n’est pas la seule sur ce marché des caméras LAPI aux Etats-Unis, des entreprises comme Axon, Motorola Solutions ou Verkada proposent des solutions similaires depuis de nombreuses années, Flock s’est très vite imposée. Elle dispose en 2026 de 120 000 de ces caméras réparties dans tout le pays, dans tous les États à l'exception de l'Alaska. 7 000 services de police ont conclu des contrats avec Flock Safety, soit environ 40 % de l'ensemble des services du pays. L’entreprise est valorisée à plus de huit milliards de dollars.
Un succès qui n’est pas sans rappeler celui de la startup Ring, rachetée en 2018 par Amazon qui a construit un réseau de vidéosurveillance aux Etats-Unis à partir des sonnettes connectées, achetées par les particuliers, qui donnent accès aux images à distance, lorsqu’une personne sonne ou lorsqu’elles détectent un mouvement. Ces images sont mises en réseau dans un système de vidéosurveillance accessible aux services de police partenaires de Ring. Certaines municipalités proposaient même de subventionner l’acquisition de caméras Ring par leurs habitants, perçues comme un investissement dans la sécurité publique, moins onéreux que le déploiement d’un système à leur main. La société Ring a également connu des revers, notamment lorsqu’elle a dû désactiver en janvier 2024 la fonctionnalité RFA, « request for assistance » de son application Neighbors, qui permettait aux services de police de lancer des appels à vidéos et informations dans le cadre d’enquêtes. Des phénomènes de biais et préjugés racistes ainsi que des risques pour la protection des données avaient été observés et dénoncés dès 2021. Si un outil similaire, « Community Requests », a été relancé en septembre 2025 dans le cadre d’un partenariat avec Axon, l’accord conclu avec Flock en octobre 2025 a pris fin en février 2026. Suite aux controverses provoquées par une publicité diffusée à la mi-temps du Superbowl, qui avait fait craindre le développement de la reconnaissance faciale, la société Ring a abandonné son partenariat avec Flock qui prévoyait notamment d’intégrer la lecture automatisée de plaques de Flock aux Community Requests.
Comment fonctionnent ces caméras
Les caméras augmentés Flock ne sont pas de simples systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI), elles peuvent également identifier la couleur du véhicule, la marque et le modèle, mais aussi la présence d’un autocollant sur le pare-chocs, des dommages visibles sur la carrosserie, ou un élément visible dans l’habitacle. Les images fournissent ainsi des informations beaucoup plus riches qu’un simple numéro de « carte d’identité » du véhicule. Les informations collectées sont conservées trente jours, pendant lesquels la police peut effectuer des requêtes pour rechercher un véhicule, activer des systèmes d’alerte si celui-ci passe devant une caméra, etc.
Les données accessibles aux services de police ne se limitent pas aux seules données de leur territoire, dans le cadre de leur relation contractuelle avec Flock, mais aussi aux données collectées à l’échelle nationale. Si une alerte est lancée dans une ville où une région, la recherche du véhicule se fera sur l’ensemble du territoire couvert par des caméras Flock aux Etats-Unis.
Ce réseau privé de surveillance de l’espace public s’est développé au départ sans que Flock ne fasse de demande d’autorisation d’installation, comme l’indique Kashmir Hill : « Lorsqu’ils ont commencé à collaborer avec la police, ils avaient encore cette approche typique de la Silicon Valley, consistant à « agir vite et casser les codes » (« Move Fast Break Things »), qui les poussait à installer ces caméras un peu n’importe où », en des lieux inhabituels, où les personnes n’avaient pas l’habitude d’être surveillées, sur des routes de campagne, où sur des territoires où l’on ne trouvait pas de caméras par ailleurs. « Cela leur a valu des problèmes avec les services des transports, auprès desquels il faut obtenir une autorisation ». L’emplacement des caméras est désormais choisi conjointement par Flock et ses clients, et fait l’objet d’une demande d’autorisation (« business licence to operate »).
Le développement peu régulé de solution de surveillance n’est pas nouveau. La startup Clearview AI, notamment, avait entraîné ses algorithmes sur des bases de données de photographies qu’elle avait collectées sur les plus grands réseaux sociaux (Linkedin, Facebook), ainsi que dans la presse pour produire une solution de reconnaissance faciale, qu’elle allait ensuite vendre aux forces de l’ordre dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. En 2022, à la suite d'une plainte de Privacy International, la CNIL avait prononcé une sanction de 20 millions d’euros et enjoint à la société de cesser de collecter et d’utiliser, sans base légale, les données des personnes se trouvant en France et de supprimer celles déjà collectées.
Un système centralisé et interconnecté, à la main des clients
Les caméras développées par Flock Safety ne se démarquent pas par le recours à des technologies révolutionnaires, il s’agit de simples caméras alimentées à l’énergie solaire installées sur des mats, et les algorithmes utilisés sont assez largement répandus. La valeur du système réside plutôt dans la très large dissémination des dispositifs et leur mise en réseau, constituant ainsi un réseau de surveillance qui n’avait jamais été disponible à cette échelle aux Etats-Unis. C’est la raison pour laquelle les services de police locale ont été si nombreux à contractualiser avec la société basée à Atlanta.
Lorsqu’il fallait auparavant lancer des collaborations entre Etats ou Comtés pour des enquêtes qui dépassent les limites du territoire, les services de police n’ont plus qu’à se connecter à un moteur de recherche en ligne, indiquer un numéro de plaque ou des caractéristiques du véhicule pour effectuer des recherches, ou lancer un système d’alerte si celui-ci venait à passer dans le champ d’une caméra. La recherche se fait sur l’ensemble du réseau, à condition que le département de police ait configuré ses paramètres de manière à ouvrir à l’ensemble du territoire national l’accès aux caméras de son propre réseau local. Il reste possible de restreindre localement un système de surveillance, mais il n’y a alors plus de possibilité de consulter les données à l’échelle nationale. Dans les faits, Kashmir Hill rapporte les propos de Garret Langley, qui reconnait que « la grande majorité de ses clients opte pour le réseau national ».
Qui permet des abus et usages détournés
Le contrôle de l’accès au système, mais aussi le contrôle des usages et finalités des requêtes de la base restent à la discrétion des clients de Flock, qui doivent eux-mêmes s’engager à respecter le cadre légal, sans y être vraiment contraints. Plusieurs exemples d’utilisations abusives ont été reportés par des médias et ONG.
Dès le mois de mai 2025, le site d’investigation 404 Media (qui a largement documenté le sujet) relatait le cas d’un policier texan qui avait consulté les données des caméras à l’échelon national pour retrouver une femme qui avait subi un avortement, y compris dans des Etats où l’avortement est légal comme l’Illinois et l’Etat de Washington. Le PDG de Flock a depuis tenté de contester cette utilisation abusive, pourtant documentée dans une enquête de l’Electronic Frontier Foundation, qui avait eu accès à des dossiers judiciaire.
Selon le Washington Post, au moins 50 policiers aux États-Unis ont récemment été inculpés ou accusés d’avoir fait un usage abusif de lecteurs de plaques d’immatriculation. Quarante-six de ces affaires concernent le logiciel Flock. Dans plus de la moitié d’entre elles, la cible présumée était une épouse, une petite amie, une ex-compagne, le nouveau petit ami d’une ex-compagne ou une femme que le policier souhaitait rencontrer. Le site de CNN rapporte en août 2026 le cas d’un policier du Kentucky qui a par exemple été arrêté après qu’il ait été démontré qu’il avait effectué plus de 200 requêtes sur la base de Flock Safety pour suivre son ex-petite amie. Il avait dans le même temps harcelé et tenu des propos menaçants auprès d’elle, la conduisant à demander à être mise sous protection.
Les services de la police anti-immigration ICE (Immigration and Customs Enforcement) n’ont théoriquement pas accès aux données de Flock, qui précise dans un billet de blog publié en janvier 2026 que « l’ICE n’est pas un partenaire, et que par défaut, le partage avec les agences fédérales est désactivé ». L’article précise cependant que « si une autorité locale choisit de ne collaborer avec aucune entité fédérale, y compris l’ICE, Flock n’a pas le pouvoir de passer outre cette décision. De même, si une collectivité choisit de collaborer avec une agence fédérale, Flock n’a pas le pouvoir de modifier cette décision ». L’entreprise reconnait donc que ses systèmes peuvent être utilisés par la police anti-immigration dès lors que l’un de leurs clients leur en donne l’accès, ou extrait des informations qu’elle recherche.
Flock affirme également avoir mis en place plusieurs moyens de contrôle et mesures de protection, notamment pour n’autoriser des recherches liées à l’avortement que dans les États où celui-ci est illégal, ou pour alerter les services de police lorsque des agents effectuent des recherches inhabituelles, ou sans lien avec une enquête officielle.
Le magazine Wired a pu tester la dernière mise à jour du logiciel de Flock, et de sa fonctionnalité FreeForm, qui permet d’effectuer des requêtes sur la base en recherche plein texte. Les agents de police ne renseignent plus seulement une immatriculation, mais peuvent rédiger une description du véhicule ou de la personne qu'ils recherchent. Une solution basée sur de l’IA analyse les recherches et produit des avertissements. Le système, d’abord, avertit les agents de police que les résultats peuvent être inexacts ou incomplets, qu’ils ne doivent pas être considérés comme la seule source fiable. Il évalue également la description écrite d’un agent en fonction de plusieurs catégories de contenus sensibles, notamment la race et la religion, qui sont interdits, et l’ « expression politique, sociale et culturelle », cette dernière n’empêchant pas d’effectuer une recherche. Pourtant, comme le pointe Tom Bowman (Center for Democracy and Technology), dans les colonnes de Wired, l’expression politique et culturelle est « l’un des domaines les plus protégés » en vertu du Premier Amendement de la Constitution des Etats-Unis, pourtant il « semble que ce soit en réalité celui qui suscite le moins d’inquiétudes du point de vue du maintien de l’ordre », et de Flock.
Le véritable contrôle, cependant, se fait à l’échelle de chacun des clients de l’entreprise. Flock affirme qu’une grande partie de la responsabilité de la gestion de sa technologie incombe aux autorités locales, qui fixent leurs propres règles d’accès et d’utilisation. L’entreprise précise dans son billet que « toutes les données collectées par les lecteurs de plaques d'immatriculation Flock sont la propriété du client et sont contrôlées par celui-ci, qu'il s'agisse d'une ville, d'un département, d'un district scolaire ou d'une organisation privée. La propriété des données par le client est au cœur du fonctionnement de Flock ».
On peut toutefois souligner que la mise à disposition de fonctionnalités puissantes pour les utilisateurs, quand les conditions légales de leur usage ne sont pas intégrées sous la forme de véritables verrous, aboutit assez naturellement à des mésusages.
Vague de protestation inédite aux Etats-Unis
Suite aux différentes affaires révélées dans la presse, Flock doit faire face à une vague de protestations sur tout le territoire des Etats-Unis, qui ne sont pas le fait des seuls activistes des libertés numériques. Kashmir Hill, l’indique dans le podcast du New-York Times : « ce qui m'a frappé dans les réactions suscitées par les caméras Flock, c'est justement leur caractère bipartisan. Tant la gauche que la droite émettent des réserves à l'égard de ces caméras. C'est un peu un consensus général. Et c'est ce qui m'a vraiment marqué ».
Le 28 août 2026, Newsweek publiait une carte recensant 149 villes, réparties sur tout le territoire, qui avaient pris des mesures contre les caméras Flock, qu’il s’agisse d’interdire ces caméras, d’annuler ou rejeter des contrats, ou de désactiver des caméras.
Carte publiée par Newsweek recensant 149 villes étasuniennes ayant pris des mesures contre les caméras Flock
Certaines villes, clientes de Flock, surprises d’apprendre que leurs caméras avaient été utilisées à des fins de lutte contre l’immigration, ont suspendu ou résilié leurs contrats, car elles n’avaient pas réalisé que, en mettant ces données à disposition à l’échelle nationale, elles les rendaient indirectement accessibles aux agences fédérales telles que l’ICE.
Des associations avaient auparavant déposé des plaintes, notamment au regard du 4ème amendement de la constitution Américaine, qui protègent les citoyens étasuniens des perquisitions et saisies non motivées, et impose un mandat pour toute perquisition.
Ce type d’actions et de protestations au motif de la défense de la vie privée (Privacy) reste assez inédit aux Etats-Unis, et peut s’expliquer par plusieurs facteurs selon Kashmir Hill pour qui : « l’aspect physique joue un rôle ici ». Quand « bon nombre de nos préoccupations en matière de vie privée concernent le suivi invisible et la collecte de données en ligne, avec les caméras Flock, « on peut réellement voir ce qui se passe, comment et où cela se produit ». L’autre facteur important concerne le lieu de la collecte, et le fait que « les gens sont très attachés à la vie privée liée à leur voiture », dans un contexte où « les Etatsuniens considèrent leur voiture comme une sorte de symbole de liberté, un moyen de s’éloigner de tout le monde ». Elle a pu constater que « ces caméras provoquent une véritable colère chez les gens, et que cela suscitait un tollé autour de la vie privée comme [elle] n’en avait jamais vu auparavant ». Selon la radio NPR, des caméras Flock ont été vandalisées dans au moins 36 États. Elles ont été volées, sciées, frappées, recouvertes de peinture et d'autocollants, voire prises pour cible par des tirs d'armes à feu.
Vers une partie de cache-cache ?
La visibilité de ces caméras LAPI dans l’espace public semble pour ses promoteurs le problème à régler pour que la population n’y prête plus attention. Dans un article publié le 3 août 2026, 404 Media rapporte des propos tenus lors d’un webinaire de Axon, concurrent de Flock, où l’entreprise rapportait des demandes qu’elle recevait pour produire des caméras différentes, dans leur forme, des caméras de Flock, afin qu’elle ne soit pas reconnues comme des caméras LAPI, et ne soient pas vandalisées.
La CNIL avait alerté dès 2019 sur les risques de l’invisibilisation de la surveillance, à propos de la reconnaissance faciale, mais qui s’appliquent plus largement aux technologies « sans contact », dès lors que « certains dispositifs [font] disparaître totalement la machine du champ visuel de l’utilisateur ». Elle rappelait que « certaines frictions sont utiles », elles constituent en effet « des points d’accroche pour les personnes, des rappels à la réalité et aux conséquences de leurs interactions avec les outils numériques, elles peuvent en outre constituer l’occasion pour les personnes de faire valoir leurs droits ».
Qu'en est-il en France ?
La société Flock Safety ne distribue pas son système en France, où l'usage des caméras LAPI, mais aussi des caméras dîtes augmentée est réglementé.
Le recours à des dispositifs de type LAPI est autorisé dans le cadre du contrôle du forfait de post-stationnement (remplace l'amende en cas de stationnement non payé). En revanche, la collecte et le traitement de photographies des véhicules, notamment en vue rapprochée de la plaque d’immatriculation, pour l’exercice du pouvoir de police judiciaire par les communes (en lien avec les contraventions prévues au code de la route) ne sont pas autorisés en l’état actuel de la règlementation. L'arrêté du 14 avril 2009, qui permet la mise en œuvre par les communes de traitements automatisés ayant pour objet la constatation et la poursuite d’infractions pénales, ne prévoit en effet pas la collecte de fichiers photographiques. Le recours au dispositif LAPI, qui collecte systématiquement une photographie du véhicule, n’est donc pas possible pour la recherche d’infractions par les communes en l’absence d’une modification de cet arrêté.
Par ailleurs, l’article L233-1 du Code de la sécurité intérieure limite la mise en œuvre de « dispositifs fixes ou mobiles de contrôle automatisé des données signalétiques des véhicules prenant la photographie des occupants de ceux-ci » par la police nationale, la gendarmerie nationale et les douanes pour un nombre limité d’infractions, listées dans l’article.
Concernant les caméras dites « augmentées » associées à des logiciels d’analyse automatisée d’images, qui permettent de filmer les personnes mais également de les analyser de manière automatisée en temps réel afin de déduire certaines informations les concernant (comptage du nombre de personnes dans un espace donné, constat de l’abandon d’un bagage, du port d’un masque, etc.), la fonctionnalité de recherche automatique n'est autorisée que pour répondre à des réquisitions judiciaires. L'usage est légal, à condition qu’il soit nécessaire pour répondre correctement à la réquisition et que le système soit suffisamment sécurisé. Il peut en particulier servir à rechercher un numéro de plaque d’immatriculation de véhicule. La CNIL rappelle que les agents de police municipale ne peuvent pas mener eux-mêmes des enquêtes de police judiciaire et ne sont donc pas habilités à opérer de telles recherches de leur propre initiative, en dehors d’une réquisition judiciaire.
Illustration : Tony Webster - Flock Safety License Plate Reader Camera in Colorado - CC-BY-40